Retour sur le Record de Wiggins 54,526km

J’ai eu la chance de pouvoir commenter en direct sur EUROSPORT la tentative de Bradley Wiggins couru sur le vélodrome olympique de Londres, bondé de spectateurs. Une super expérience où j’ai vraiment apprécié être aux côtés de Guillaume Di Grazia et Roger Legeay. C’est sympa de pouvoir découvrir l’envers du décors. C’est un travail d’équipe. C’est un métier qui m’attire mais les places sont chères et il faut être bon ! Eurosport est une chaîne qui se veut plus « fun » que le service public et les retransmissions sont moins monotones. Je trouve Jacky Durand très pertinent dans ses analyses. Je l’aimais déjà en tant que coureur, quand il flinguait en début d’étape pour animer les longues étapes du Tour.

L’heure de Wiggins est passée très vite pour nous au micro, certainement moins pour Bradley. Il a fait une performance de haut vol. Si on s’est cristallisé sur les chiffres qu’il avait annoncé (55,250km), on oublie qu’il faut sacrément appuyer fort pour rouler à 54,526km/h ! Il explose le record de Dowsett de plus de 1,5km, ce qui est énorme. Dowsett n’a certes pas le palmarès de Wiggins mais il fait partie des tous meilleurs rouleurs de la planète.

Personnellement, sa performance me semble exceptionnelle car il s’approche de la performance de ceux qui fonctionnaient à un « super carburant » dans les années 90… Mon coach (Quentin Leplat) a écrit un billet intéressant sur la nouvelle marque du Britannique, c’est à lire ici : http://www.velo2max.com/wiggins-54-526-cest-pas-le-soleil-mais-cest-deja-la-lune/

Je voulais aussi revenir sur certains points et questions qu’on a pu me poser pendant le direct ou sur le plateau.

HEURE DE DEPART DE WIGGINS

Wiggo, fidèle à lui-même, nous a surpris à se lancer à 19h27 alors que son départ était officiellement annoncé pour 19h30. Panique à la Sky qui revendait les images aux chaînes internationales… Je pense que Bradley a fait exprès, c’est lui le chef jusqu’au bout. Malheureusement, nous n’avons pas pu commenter et sentir l’adrénaline du départ…

LIGNE NOIRE

J’ai été très étonné que Wiggins ne suive pas de plus près la ligne noire, appelée la ligne des mensurations. Plus on s’en éloigne, plus on fait de distance… Sauf si la piste de Londres présente des caractéristiques très particulières, je pense qu’il a fait plus de distance et qu’il a perdu 1 voire 2 tours sur le résultat final (soit 250 à 500m). Bien sûr, cela demande de la concentration pour « lécher » la ligne noire durant 1h d’effort très intense, mais Wiggins est un spécialiste et les autres recordmen ont tenu la bonne trajectoire. Curieux donc…

POSITION

Bradley Wiggins a bien bossé sa position, son SCx semblait faible. Par contre, il faisait beaucoup de bec de selle. La remarque m’a été faite par Vincent Blondeau de MECACOTE. Il lui manquait donc un appui solide que doit représenter la selle. Pour l’occasion, il m’a semblé qu’il a utilisé une Fizik Arione Tri qui est assez longue. Pourquoi ne pas avoir opté pour une assise plus courte comme une ISM ? Encore une fois, c’est curieux…

FIN D’EFFORT

A la fin de mon record, certains m’ont presque reproché de ne pas avoir été au plus profond de moi-même, sous prétexte que je marchais assez facilement. On se souvient de l’image de Merckx, incapable de se mouvoir tout de suite après son record à Mexico. 

Wiggins était, lui aussi, relativement frais quelques instants après sa descente de vélo. Alors pourquoi ?

Déjà, le fait de faire la tentative au niveau de la mer est moins exigeant pour l’organisme que de produire un effort en altitude comme l’a fait Merckx. Il n’y a pas cette dette d’oxygène qu’il faut apprivoiser. C’est aussi une question d’entraînement. Les techniques actuelles sont tellement poussées et spécifiques que l’athlète est parfaitement prêt à encaisser des efforts violents et longs et à en récupérer très vite. Personnellement, j’ai plus souffert à l’entraînement (séances de PMA ou tests) que lors de mon record de France de l’heure. Mon corps savait à quoi s’attendre et mentalement j’étais prêt. 

C’est aussi une histoire de gestion de l’effort. On doit flirter avec la limite, mais ne jamais la dépasser sous peine d’exploser. Alors finalement, le coureur ne se met jamais à bloc sauf dans les dernière minutes. Rien à voir avec l’effort d’un kilométreur, comme François Pervis. Lui doit se mettre minable pendant 1′ et il finit allongé par terre… Ce n’est pas le même type d’effort que nous.

ROGER LEGEAY

J’étais heureux de faire sa connaissance. Ce qui m’a donné le goût du record de l’heure, c’est un reportage que j’ai visionné sur ESPN où l’ont voit Chris Boardman en pleine préparation pour tenter de battre le record avec un vélo traditionnel. Roger Legeay était son directeur sportif à l’époque et il l’a accompagné dans cette aventure. C’est un film référence pour moi, qui me donne des frissons à chaque fois.

 

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