Retour sur 6 mois extraordinaires

L’IDEE

M’attaquer à ce record date de 6-7 ans en arrière, voire plus. J’avais regardé à la télé un reportage sur la tentative de Chris Boardman en l’an 2000. J’ai ressentis des frissons en moi… Au départ, c’est Michel Meunier qui m’avait proposé de tenter le record Rhône-Alpes de l’heure. Et puis, il y a 3 ans, j’ai dit à Michel que c’était le Record de France qui m’intéressait. Je suis resté secret sur mes intentions, même auprès de certains coureurs qui en parlaient… En fin de saison dernière, j’ai dit à Michel : « Allez on y va, je me sens prêt ». On ne s’attaque pas à un effort aussi exigeant que celui-ci sans y avoir pensé à l’avance. C’était une volonté profonde de ma part.

LE BUDGET

Avant d’annoncer que j’allais m’attaquer à ce record, il fallait être certain de réunir le budget pour organiser dans de bonnes conditions. Pour réussir, il ne faut rien négliger. C’est pourquoi, 30000€ ont été nécessaires pour préparer et organiser cette tentative. Tout est à mes frais : matériel, stages, location piste, commissaires et chronométreurs, staff, hébergement, contrôle anti-dopage… Quand on est coureur dans une équipe de DN1, on ne se rend pas trop compte combien coûte tout ça, mais c’est énorme ! La majorité du financement est venu de Mr Jean-Pierre EVRARD, patron de Européenne de Location TP qui a fait fonctionner son réseau. J’ai beaucoup de chance. Le reste du budget a été gentiment apporté par d’autres partenaires et des amis. Merci encore !

LA PISTE

J’ai expliqué par ailleurs pourquoi j’avais porté mon choix sur le STAB de Roubaix. J’ai laissé parler mon feeling car je pense que c’est très important pour ce type d’effort. Lors de ma 1ère visite, j’ai tout de suite accroché. Les premiers tours de roues sur le bois roubaisien m’ont conforté dans mon idée : c’est ici que j’essaierai de réaliser mon rêve. L’accueil sur place a été génial (on est dans le Nord, ne l’oublions pas !)

On me demande souvent pourquoi je n’ai pas choisi le vélodrome de St Quentin-en-Yvelines. Simplement parce que les responsables ne semblaient pas intéressés pour recevoir un tel évènement, préférant le business plutôt que le sport…

Retour sur 6 mois extraordinaires

LE STAFF

Pour préparer ce genre d’objectif, il faut s’entourer. Bien s’entourer. Et j’avais toujours rêvé de travailler avec mon propre staff. Toutes les personnes que j’ai contacté ont compté dans ma carrière. J’ai une confiance totale en eux. Au delà de battre un record, j’aime vivre des émotions, je fonctionne à l’affectif. 

Le staff était composé de 12 personnes : manager, mentor, entraîneur, soigneur, 2 mécanos, psy du sport, trésorier, caméraman, responsable communication, secrétaire…

On a travaillé en synergie et grâce à chacun d’eux, j’ai atteint un niveau mental que je n’avais jamais connu dans ma carrière. Nous avons vécu une fabuleuse aventure humaine. On s’est transcendé mutuellement. Ambiance décontractée pour travailler, ça été notre secret. Vous n’avez qu’à voir les vidéos que Quentin LEPLAT (www.velo2max.com) a réalisé sur Facebook !

A l’issu de mon heure, on a vécu de très fortes émotions.

Retour sur 6 mois extraordinaires

LE MATERIEL

Nous avons beaucoup travaillé sur le matériel, même si nous n’avions pas un budget illimité. J’avais déjà un vélo en ma possession, on l’a « upgradé » avec des accessoires que nous avons sélectionné à l’occasion de tests sur la piste de Bourges : casque, combinaison, roues, guidon, boyaux… 

J’ai eu le soutien de plusieurs marques telles que ROTOR, CYCLING CERAMIC, LAKE, PROFILE DESIGN, DUGAST…pour choisir LE bon produit. L’objectif était de trouver le meilleur compromis entre le rendement et le confort car durant 1h, il n’est pas question de se mettre en danseuse comme lors d’un CLM sur la route. C’est ce qui fait aussi la spécificité de cet effort, de surcroît avec un pignon fixe et donc pas de possibilité de changer de développement. Mon braquet ? Je le garde secret, il est issu de beaucoup de travail et il a évolué durant les derniers jours avant la tentative. Personne, à part quelques personnes de mon staff, le connaît en réalité !

Sur mon vélo du record, je me sens parfaitement posé, sans douleur parasite. Mieux que sur mon vélo de route !

MA PREPARATION

Comme j’avais ce record en tête depuis la fin de saison dernière, j’ai tout axé sur cet objectif dès ma reprise du sport début novembre. Après 1 mois sans aucune activité physique, j’ai repris la musculation à raison de 2 à 3 séances par semaine. On a bossé en fonction des spécificités d’1h d’effort extrême.

Fin décembre, je suis allé au Maroc pour rouler sous le soleil (cuissard et maillot court !) avec mon ami Aurélien, gérant de Agadir Bike Evasion. Le top pour le moral. Ensuite, mon coach et moi avons été faire des tests physiques sur différentes pistes pour évaluer la faisabilité de battre ce record de France. 

Début février, je suis allé en Espagne avec mon équipe pour un stage d’une semaine. Nous n’avons pas eu très beau temps mais avons pu rouler de façon satisfaisante. J’ai enchaîné avec des efforts de plus en plus spécifiques sur la piste avec plusieurs stages à Roubaix et à Bourges. On bossait la technique et le physique. On a bénéficié de bonnes conditions pour rouler (moto, bloc de départ, privatisation de la piste). A 1 mois du Jour J, on a fait un test de 45′ grandeur nature pour avoir les premières bases chronométriques. J’en suis ressorti détruit musculairement !

J’ai été exigeant avec moi-même et avec ma compagne à qui je dois beaucoup.

Les dernières semaines ont été très dures mentalement et physiquement car l’entraînement était basé sur des efforts violents. Mais tout s’est parfaitement bien déroulé, motivation au summum !

Retour sur 6 mois extraordinaires

MON EQUIPE

Sans le TEAM Vulco – Vaulx-en-Velin, je n’aurais certainement pas pu me lancer dans un tel défi. Les dirigeants m’ont laissé gérer ma préparation et m’ont fait confiance, me versant mon salaire tous les mois malgré mes absences. Comme je vous le disais, ce genre de tentative de record demande un longue et minutieuse préparation et je doute qu’une équipe de DN1 ou même une équipe pro accorde cette disponibilité. 

LA ROUTE

Retour sur 6 mois extraordinaires

Elle m’a servi de préparation. Je n’avais aucune ambition et surtout vraiment pas la tête à ça ! Je craignais la chute, ce qui aurait pu tout anéantir. En plus, il a fait mauvais temps et mon organisme n’était pas trop acclimaté. Dès que ça frottait trop, je me mettais en retrait. Il en sera différent maintenant que mon objectif est passé !

J’avais même peur de me faire renverser à l’entraînement et j’allais fréquemment rouler sur la piste de 1km au Parc des Sports de Méons pour éviter la circulation. Certes, c’était monotone mais au moins je me sentais en sécurité !

LE MENTAL

J’ai toujours eu confiance. Le staff m’a amené à un état de sérénité exceptionnel. On a travaillé tous les aspects physiques mais aussi psychologiques. Ma psychologue du sport et moi faisions le point chaque semaine. Je m’attaquais à un mythe, Roger Rivière. Sur 1h d’effort, on ne doit pas se louper, tout est au millimètre. J’ai vécu 6 mois rien que pour ça. J’étais impatient d’y être.

Les différents tests qu’on a fait ont renforcé ma confiance. J’ai pris beaucoup de plaisir à me faire mal sur le vélo lors des stages et des entraînements spécifiques à la maison.

Je crois que mon staff et moi avions le même mental. Michel Meunier, sur ses dernières paroles avant le départ a été un tueur.

J’avais appris ma partition pendant 6 mois, je n’avais plus qu’à réciter la musique…

LE JOUR J

La pression est montée quelques jours avant le 11 avril. Néanmoins, je dormais bien. J’étais heureux de vivre et je savourais chaque moments. Les sollicitations médiatiques ont été bien gérées par mon staff car il y en avait beaucoup. 

Le matin, j’ai fait mon réveil musculaire comme prévu après le petit déjeuner. J’ai éteint mon téléphone portable. Le midi, j’ai mangé léger (riz et fruits). Une fois à la piste, tout mon protocole d’échauffement était prévu. 

Les 30 dernières secondes avant mon départ ont été longues et stressantes car il y avait un grand silence dans le public (500 à 600 personnes). Une fois le décompte terminé, me voilà lancé et c’est parti ! Je ne pense à rien, sauf à rester près de la ligne noir et à être performant dans mon pédalage. Je n’ai même pas vu la Ola dans la public… J’entendais tout mais je ne voyais rien. Sauf l’affichage de mon temps au tour. Le but était de rester très régulier tout au long de mon heure. On peut être tenté d’accélérer car on est bien, mais attention, 1 heure c’est looooong. J’ai finalement très bien géré mon effort et je n’en ressort pas dégoûté. J’ai pu finir plus vite et ça c’est important !

MON RECORD

En faisant 49,408km dans l’heure, je suis satisfait et j’ai fait le maximum avec ma forme du jour. Je n’efface pas le record de Roger Rivière, je fais ma marque. Néanmoins, je suis le nouveau Recordman de France de l’Heure !

Retour sur 6 mois extraordinaires

LES MEDIAS

Ma tentative a attiré les médias car je suis un coureur amateur et je m’attaquais à un record qui n’a pas été battu depuis 1958. Le record appartenait à un Stéphanois comme moi. Une belle histoire que se termine comme un compte de fée. Vous pouvez retrouver toutes les photos et vidéos sur la page facebook www.facebook.com/challengeheure

Quelle belle surprise d’être dans L’Equipe et de se voir dans l’émission TOUT LE SPORT !

ET MAINTENANT…

Ce record n’a rien changé dans ma vie. Je suis très heureux d’avoir réussi mon challenge et maintenant je me re-concentre sur la saison route. Je garde encore les émotions à fleur de peau et je suis très touché par les témoignages de mes amis et de mes proches. Quand je prends mon vélo pour aller rouler, j’ai encore des frissons.

Je serais sûrement attendu sur les prochaines courses sur route mais je suis conscient qu’il me faudra un peu de temps pour pouvoir gagner. Mon coach m’a configuré pour 1h d’effort et je dois retravailler certaines qualités. J’ai perdu en explosivité et je supporte moins les à-coups. Mais ma motivation est bien là !

Un film retraçant ma préparation, le record en lui-même est en cours de préparation. Vous y découvrirez les coulisses et les personnes qui ont été moteurs dans ma réussite. La sortie du court métrage est prévue mi-mai…

Enfin, j’ai beaucoup appris sur moi durant ces 6 derniers mois : en tant que sportif mais aussi en tant qu’homme.

Merci à tous pour votre soutien, je vous donne maintenant RDV dès le Circuit de Saône-et-Loire qui se déroule du 23 au 26 avril.

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *